Fondations superficielles : ce que cadrent le DTU 13.1 et l'Eurocode 7

Semelles et radiers reportent les charges du bâtiment sur les premières couches de sol. Encore faut-il que le sol les supporte — et que l'ancrage tienne compte du gel et de l'eau. Le cadre normatif, en clair.

1. Superficielles ou profondes ?

Une fondation est dite superficielle lorsqu'elle reporte les charges sur un sol d'assise situé à faible profondeur — typiquement des semelles isolées (sous poteau), des semelles filantes (sous mur) ou un radier (dalle générale). Lorsque le bon sol est trop profond, on passe à des fondations profondes (pieux, micropieux, puits) qui sortent du champ de cet article.

En France, les fondations superficielles des bâtiments courants relèvent du NF DTU 13.1 « Fondations superficielles » (révision 2019), tandis que la justification géotechnique s'appuie sur l'Eurocode 7 (NF EN 1997, calcul géotechnique).

2. Pas de fondation sans reconnaissance de sol

Le préalable absolu est la connaissance du sol. On ne dimensionne pas une semelle sans une étude géotechnique qui caractérise la nature des terrains, le niveau de la nappe et la contrainte que le sol peut reprendre. Ces missions sont normalisées par la NF P 94-500 (missions G1 à G5) :

  • G1 — étude préalable (aléas du site, principes généraux) ;
  • G2 — étude de conception (dimensionnement géotechnique, type et niveau d'assise des fondations) ;
  • G3 / G4 — exécution et supervision ;
  • G5 — diagnostic d'un ouvrage existant.

En zone exposée au retrait-gonflement des argiles, cette étude est même obligatoire à la vente et avant construction (loi ELAN). Voir notre article dédié.

3. L'ancrage : hors-gel et hors d'eau

La base de la fondation doit être mise à l'abri du gel : sous l'effet du gel-dégel, un sol gélif gonfle puis se ramollit, ce qui déstabiliserait une semelle trop haute. La profondeur hors-gel dépend de la région et de l'altitude — de l'ordre de 50 cm en plaine sous climat tempéré, davantage en montagne.

L'assise doit aussi être homogène : éviter de fonder un même ouvrage à des profondeurs très différentes ou sur des sols de raideurs contrastées, sources de tassements différentiels et de fissuration.

Une fondation se juge moins à sa taille qu'à la qualité du sol sur lequel elle repose et à l'homogénéité de son ancrage.

4. Capacité portante : le principe (Eurocode 7)

Le dimensionnement vérifie, à l'ELU, que la charge transmise par la fondation reste inférieure à la résistance du sol. La capacité portante d'une semelle dépend de la cohésion et de l'angle de frottement du sol, de la largeur de la semelle, de sa profondeur d'ancrage et du niveau de la nappe.

On distingue deux familles de vérifications :

  • la capacité portante (le sol ne doit pas « poinçonner ») ;
  • les tassements (absolus et surtout différentiels), vérifiés à l'ELS — ce sont eux qui, en pratique, fissurent les bâtiments.

L'Eurocode 7 propose pour cela des approches de calcul à partir d'essais de laboratoire (c, φ) ou d'essais en place (pressiomètre, pénétromètre).

5. Dispositions constructives essentielles

PointBonne pratique
Béton de propretéCouche maigre au fond de fouille pour isoler les aciers du sol et régler le niveau.
EnrobageRenforcé au contact du sol (classe d'exposition, ex. XC2) pour la durabilité.
ChaînageChaînages continus pour solidariser les semelles et encaisser les tassements différentiels.
JointsJoint de rupture entre corps de bâtiment de hauteurs ou de raideurs très différentes.
EauxÉloigner et drainer les eaux : un sol dont la teneur en eau varie est un sol qui bouge.

6. À retenir

Une fondation superficielle réussie, c'est d'abord un sol reconnu, un ancrage hors-gel et homogène, une capacité portante justifiée (EC7) et des tassements maîtrisés. Le NF DTU 13.1 encadre la mise en œuvre ; l'étude géotechnique en est la condition d'entrée.

Sur la plateforme

Les modules Géotechnique™ et Structure™ de MADIOR enchaînent reconnaissance, descente de charges et justification des semelles selon l'EC7 et le DTU 13.1, avec note de calcul à la clé.

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